Changement de vie

9 09 2008

Pour pouvoir venir étudier à l’Université McGill, j’ai dû changer de ville. En fait j’ai dû abandonner beaucoup de choses que l’on peut prendre pour acquis. J’avais un excellent travail à la Chambre des communes comme programmeur, je possédais un magnifique condo dans un quartier tranquille et tout près des transports en commun, j’avais surtout une stabilité de vie. Je n’avais pas à me demander comment j’allais payer le loyer du mois prochain, comment j’allais mettre de la bouffe sur la table, etc. Je savais que dans x année, je pourrais avoir le même emplois et le même toit. Bref, je pouvais avoir une belle vie tranquille.

Cependant, je n’étais pas heureux. Pourquoi? Bonne question. Je ne l’ai pas su avant un certain temps. J’ai même consulter un psychologue pour savoir exactement le “mal” qui me rongait. Ce n’était pas un mal, c’était un manque de défi, un manque d’accomplissement. Vous savez la fameuse pyramide de Maslow. J’en était à la réalisation de soi. Je n’arrivais pas à me réaliser dans ce que je voulais vraiment accomplir. C’est vrai que j’était utile dans mon travail et mes supérieurs et collègues me le rappelait fréquemment. J’avais des défis, comme chaque nouveau projet peut apporter. Par contre ce n’était pas asser. J’avais besoin de me dépasser, de faire des tâches dont je ne connais pas l’issue avant même de les avoirs commencer. C’est difficile à expliquer, mais lorsque l’on te présente un nouveau projet, il m’arrivait souvent de connaître la ligne directrice à prendre, de savoir où m’en aller dans tout ce travail. Lorsque je fais de la recherche, c’est différent. On te donne un problème et tu as peut-être une idée de comment le résoudre, mais tu n’en es vraiment pas certain, tu ne peux pas voir exactement comment il sera résout. Bref je m’ennuyait de la recherche en informatique. J’avais fait une maîtrise en informatique auparavent et un programme court en gestion de projet. Donc l’étape suivante était logiquement de faire un doctorat.

Cette réalisation je l’ai fait au mois de septembre dernier, donc en 2007. Je me suis mis à rechercher un professeur qui était environ dans le même domaine que moi, ou plutôt dans les mêmes intérêts que moi. J’avais fait ma recherche en calcul distribué, ce qui est très théorique et très mathématique. Je voulais quelque chose de plus concret et qui touche idéalement au domaine du source libre. Je ne voulais pas non plus revenir à l’Université du Québec en Outaouais, dans le milieu on appèle ça de l’inceste lorsque l’on fait tout nos diplômes au même endroit. Donc j’ai chercher du coté ontarien, à l’Université Carleton et d’Ottawa. J’ai trouvé un professeur qui travail sur le source libre, mais il ne prenait pas d’étudiant. C’est alors que je me suis mis à la recherche d’un autre directeur. Mes yeux se sont tournés vers McGill, un professeur y fesait de la recherche sur les jeux et rendait le code source disponible à tous. Je l’ai contacter et il a accepté de me prendre sous réserve de voir ma candidature. J’ai donc appliquer à l’Université McGill.

Mon histoire continue au mois de mars, où je devais recevoir ma réponse de l’Université. Un autre professeur, lui en sécurité informatique, m’avait contacté pour savoir si je voulais travailler avec lui et il était prêt à m’offrir du financement. Je contacte le professeur en jeux vidéos et il m’annonce qu’il part en sabatique et que si je trouve pas un directeur rapidement, je ne serai pas accepter à McGill. Je recontacte le professeur en sécurité informatique et me rends à McGill le lendemain pour le rencontrer. Finalement je m’entends très bien avec lui et le sujet qu’il me propose semble passionnant. Faut savoir que j’ai toujours adoré la sécurité informatique et j’ai même fait un projet de fin de baccalauréat dans le domaine. Donc en bout du compte j’ai été accepté à McGill et j’ai dû déménager à Montréal.

Je devais alors vendre mon condo, trouver un appartement dans la région de Montréal, démissioner de mon poste à la Chambre des communes, trouver une manière de financer mes études, etc. Tout ceci n’a pas été de tout repos, même que j’ai pas encore réussis à vendre mon condo, malgré que j’ai pris un agent pendant près de quatre mois. Maintenant j’essaie de le vendre au “privé” puisque ca me permet d’enlever près de 10 000$ au prix, disons que j’ai pas choisis mon moment pour vendre… tous semblent craindre une recession. Pour le reste, je suis déménager et je reste maintenant à Laval. Je me considère tout de même comme un étudiant montréalais, puisque j’étudie à Montréal et j’y passe toutes mes journées.


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2 réponses

9 09 2008
Y-man

étant moi aussi à l’étape réalisation de soi j’ai décidé de l’exprimer différement tout d’abord dans le bénévolat, secundo dans un loisir qui me permet de m’éloigner de mon emploi et tertio de commencer ma deuxième maitrise à l’Université Saint-Paul en éthique. Je pense que dans la vie ce genre de détail ne doit pas être laissé pour compte mais sérieusement pris en considération sinon on peut passer à coté de quelque chose d’important dans sa vie. Je suis certain que tu as fait le bon choix malgré les impacts réels sur ton compte de banque

10 09 2008
Eric Vachon

@Y-man Oui je crois aussi avoir fait le bon choix et je crois que toi aussi, malgré qu’il semble que certains étudiants dans tes cours sont un peu perdu! J’espère que c’est pas les cours qui rendent les étudiants comme ils sont, mais qu’ils étaient comme ça avant de rentrer :)

En effet j’ai des impacts sur mon compte de banque, mais peut-être que ça ira mieux l’an prochain. Je vais appliquer pour de grosses bourses de recherche et si je les obtiens, je n’aurai pas à m’inquéter pour l’argent par la suite. Reste juste à vendre mon condo et mon niveau de dépense sera aussi beaucoup plus bas qu’il était dans “mon autre vie”. Donc je crois que c’est effectivement pour le mieux.

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